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24/09/2010

Erick Djibenga sort la tête haute de son ancienne vie d’enfant de la rue

REEJER-visites2 100.jpgLe vendredi 17septembre, Erick nous accueille dans sa boutique de cordonnerie, située dans la commune de Selembao.

A 22ans, Erick sort la tête haute de son ancienne vie d’enfant de la rue, dit « shègue.». Orphelin dès l’adolescence, il est recueilli par sa belle famille, qui avait déjà peine à nourrir ses propres enfants. Exclu, il est alors accusé de sorcellerie et se réfugie dans la rue où il restera 3ans.

Finalement, il rencontre des éducateurs de rues qui le guident vers le centre ouvert Bana Ya POVEDA, une structure membre du REEJER. Après une année et 3mois de formation en cordonnerie, il ouvre son commerce. Fort de son expérience de vie, il encadre à son tour d’autres enfants dans l’apprentissage du métier de cordonnier…

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Les  enfants encadrés par Erick

23/09/2010

A travers un dessin, des enfants nous racontent leur journée…

(De haut en bas, de gauche à droite : traduction de lingala)

 

Le Gambela, le marché, le quartier où on vit, nous grignotons parfois.

Lorsqu’on a des kamapopo, des blessures, on va au foyer du Père Franck pour se faire soigner.

Victoire, c’est la place des artistes avec le monument victoire, là où on dort.

Mabutu, la nuit, on regarde les écrans publicitaires parce que c’est comme des Tl et ça nous détend.

Namoyi Toyibaka Areyabis, la journée nous volons aux arrêts de bus. Mabutu, la nuit nous demandons de l’argent à Victoire.

Depo makala, dépôt de charbon, on ramasse le charbon et on vend les braises aux mamans sur le marché.

Mgamba, le bar, ici c’est le lieu où on prend du diamba, le chanvre. A un moment donné on se bat à cause du chanvre.

La place où nous nous lavons dans les tosukolaka, les  trous d’eau.

 

Un jour j’aimerais devenir joueur de foot

J’aimerais devenir vendeur d’assiettes

J’aimerais cuisiner

J’aimerais construire une mdaku, maison.

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20/09/2010

Quelques statistiques

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Quelques statistiques disponibles à ce jour, découlant du dernier recensement réalisé par le REEJER avec l’appui de l’UNICEF, nous renseignent que la Ville-Province de Kinshasa compte plus de 19000 Enfants et Jeunes de la Rue parmi lesquels 13.877 sont âgés de moins de 18 ans, soit plus de 70%. 348 enfants tombent chaque mois dans les rues de Kinshasa (ce qui fait 4176 enfant/an). Alors qu’avec tout les efforts consentis, au plus 3000 en sortent. Et à côté de cela, il est apparu quelques phénomènes nouveaux, tels que la présence des enfants de moins de 6 ans dans les rues de Kinshasa, la naissance de plus en plus fréquente des enfants issus des parents enfants de la rue (96 nouveaux nés en novembre 2009), les filles-mères qui droguent leurs bébés au profit de la prostitution, une forte mortalité des enfants nouveau-nés de la rue (15/96 en Novembre 2009). 60 % des enfants et jeunes de la rue sont accusés de sorcellerie par des Eglises de réveille qui prolifèrent sur Kinshasa.  Totalement rejetés, ces jeunes sont régulièrement victimes des abus et violences de toutes sortes de la part de la population, sans compter les rafles et interpellation régulières qu’ils subissent de la part des éléments de la Police Nationale Congolaise. Dans la rue, les ports, les marchés, les carrières des mines, les aéroports, les ménages, nombreux enfants sont soumis aux pires formes de travail. La vente publique de l’alcool avec sa forte publicité, comme aussi avec la drogue, la corruption à tous les niveaux et à tous les milieux sociaux, ne leur laissent pas le temps d se construire en toute sécurité.

 

Au regard de ce sombre tableau, il nous paraît superfétatoire de rappeler que la situation des enfants et jeunes de la rue demeure préoccupante dans la Ville province de Kinshasa… 

C’est dans ce contexte énigmatique de dépravation des mœurs et de profonde crise socio -économique, que le REEJER œuvre à la recherche de solutions durables pour la définition des stratégies de lutte contre les phénomènes ‘’Enfants et Jeunes de la Rue’’ et ceux ‘’dits sorciers’’ sur Kinshasa.